Hanne Gaby Odiele, mannequin "intersexe" qui brise le tabou

Hanne Gaby Odiele, mannequin

Ce mannequin belge qui a défilé pour les plus grands créateurs n'est biologiquement ni femme, ni homme. Ce n'est pas un choix, Hanne Gaby Odiele est née ainsi. Après en avoir longtemps souffert, elle a décidé de sortir de son silence pour que les personnes n'aient pas à connaître les mêmes souffrances.

L'intersexuation (ou ambiguïté sexuelle) une particularité génétique et/ou anatomique, encore très méconnue et très peu médiatisée, qui toucherait jusqu'à 2% de la population. Hanne Gaby Odiele en fait partie. Ce mannequin belge de 28 ans qui foule les podiums des plus grands créateurs de mode et pose pour les photographes les plus renommés de l'industrie fashion n'est née ni mâle, ni femelle. Son génome était bien pourvu des chromosomes X et Y toutefois, son organisme résistait aux hormones masculines, ses testicules étaient restés à l'intérieur de son corps et elle n'avait ni utérus, ni ovaires. Habituellement, les médecins orientent les parents vers le sexe paraissant convenir le mieux, féminin dans son cas.

A 10 ans, trop jeune pour comprendre, elle a donc subi une lourde intervention chirurgicale pour lui retirer ses testicules. Une opération vitale aux yeux de ses parents qui avaient été mis en garde contre les risques de cancer et de développement anormal en tant que fille. Sauf qu'Hanne Gaby Odiele en souffre toujours aujourd'hui. Plus tard, elle apprendra qu'elle n'aura jamais ses règles et ne pourra jamais avoir d'enfant, une douleur de plus.

​A 18 ans, devenue mannequin, elle décide de subir une nouvelle opération, encore une fois très pénible, de reconstruction vaginale. Aujourd'hui, elle n'est génétiquement toujours ni homme, ni femme, mais elle se sent femme et surtout fière d'être née intersexe. Elle refuse de cacher sa particularité et a fait un courageux "coming out" cette semaine pour porter un message qui lui tient à coeur. Devenue porte-parole de l'association InterACT Advocates for Intersex Youth, elle milite désormais contre ce qu'elle estime être des mutilations génitales car trop souvent, ces opérations pour irréversibles retirer/remodeler/reconstruire les organes génitaux sont effectuées sans le consentement des enfants qui les subissent et sans que les parents ne soient correctement informés, alors qu'elles ne sont pas toujours nécessaires.

Hanne Gaby Odiele, qui a défilé pour Chanel, Givenchy et bien d'autres, s'est également confiée à USA Today. "Je suis fière d'être intersexuée, mais très en colère que ces chirurgies se produisent toujours. Ce n'est pas un si gros problème d'être intersexuée. S'ils se montraient honnêtes dès le début... C'est devenu un traumatisme pour moi à cause de ce qu'ils m'ont fait", déclare-t-elle.

"C'est très important pour moi, à ce point de ma vie, de briser ce tabou, poursuit-elle. Aujourd'hui, cela devrait être tout à fait normal d'en parler". Elle est pourtant l'une des premières à le faire. Dans son combat, elle peut compter sur le soutien indéfectible de ses parents qui regrettent d'avoir agi sans avoir connaissance de tout ce qu'impliquaient ces opérations. "Parlez-en, avec votre votre fille, vos proches, vos amis. Trouvez une équipe médicale qui vous informe réellement et qui peut vous assister médicalement et mentalement tout au long de la procédure. Et parlez avec des gens de la communauté intersexe", martèlent-ils auprès de Vogue US.

Son mari, le mannequin John Swiatek, est également derrière elle. "Je suis très impressionné par sa décision de défendre les enfants intersexués afin de leur donner l'occasion de se faire une idée de leurs corps, contrairement à l'absence d'options et d'informations dont a pâti Hanne", explique-t-il, "très fier". Son courage a vivement été applaudi sur Instagram où ses followers ont découvert une cause à laquelle ils sont devenus sensibles. Bravo Hanne !

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