Nouveau scandale en vue du côté de Liège après l'affaire Publifin...

Nouveau scandale en vue du côté de Liège après l'affaire Publifin...

La zone de secours de Liège est la seule en Belgique, sur 34, à fonctionner sous un statut d’intercommunale. Une exception qui coûte quelque 250.000 euros annuellement pour rémunérer les 30 membres du conseil d’administration.

Depuis le 1er janvier 2016, l’organisation des services d’incendie est passée d’une organisation communale à un système zonal, où l’ensemble du pays est divisé en 34 zones de secours. Le système est donc le même partout : un conseil de sécurité est composé par les différents bourgmestres dont les communes composent la zone, avec un collège pour les missions plus étendues. Avec un principe : les différents bourgmestres ne touchent aucune rémunération ni défraiement pour ce poste.

Un système qui fonctionne ainsi partout en Belgique, sauf dans une seule des 34 zones : celle de Liège. Car en région liégeoise, les services d’incendie fonctionnent sous le modèle d’une intercommunale, à savoir l’IILE (Intercommunale d’incendie de Liège et environ). Cette « exception liégeoise » a été préservée de par son passé et grâce aussi à un certain lobbying de députés socialistes à la Chambre, dont le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer.

Seulement voilà, cette exception a aussi des conséquences quant à l’aspect financier du coût des structures dirigeantes. Et cela ne plaît pas à tout le monde. Philippe Dodrimont, bourgmestre en titre d’Aywaille et député wallon a fait les comptes : ce surcoût, unique en Belgique, se monte à quelque 250.000 euros pour l’année 2015.

« Alors que partout en Belgique, la gestion politique – au sens noble du terme, on parle de sécurité des citoyens – est assumée bénévolement par les bourgmestres, à Liège, on ne rémunère pas moins de 30 administrateurs pour le faire. Parmi ces 30 administrateurs, on retrouve un président pour chaque secteur (A et B), mais aussi un vice-président, un administrateur délégué et 8 administrateurs composant les deux bureaux exécutifs. Le coût de cette particularité liégeo-liégeoise est quand même de 249.093,94 euros par an », souligne l’Aqualien. Qui compte profiter du contexte politique général et de l’arrivée d’un nouveau ministre, Pierre-Yves Dermagne, pour redéposer ce dossier sur son bureau.


(Philippe Dodrimont - MR)

« Je m’interroge, renchérit l’intéressé (qui n’est pas membre de l’IILE, NDLR). Pourquoi ce qui est possible ailleurs ne l’est pas à Liège ? Et je voudrais savoir quelle est la volonté du ministre d’agir face à cette « particularité » liégeoise qui est jugée scandaleuse par de nombreux bourgmestres qui, eux, font le job sans rémunération supplémentaire ? »

Philippe Boury, bourgmestre MR de Theux et président de la zone « Vesdre », abonde : « Honnêtement, c’est un travail conséquent. Mais je touche 0€, 0 cent pour ça, et c’est normal. Rien ne pourrait être plus de la compétence d’un bourgmestre que la sécurité. »

Le mayeur hutois et chef de groupe PS au Parlement wallon, Christophe Collignon, confirme : « C’est à titre bénévole, il n’y a même aucun défraiement. C’est un gros travail, d’autant que dans notre zone nous partons de zéro. »

Bourgmestre et sécurité Et si tous reconnaissent l’aspect « historique » de l’intercommunale liégeoise des pompiers, ils sont plus circonspects quant au maintien de l’organe. « Je me demande quelle est l’articulation de responsabilité il peut bien y avoir entre les bourgmestres de la zone de l’IILE et les conseillers communaux qui y siègent ? Pour moi, les bourgmestres sont les responsables nº1 de la sécurité et il est normal qu’ils siègent dans les services d’incendie. »

Fin de l’activité ? Philippe Dodrimont va dès lors demander clairement au nouveau ministre des Pouvoirs locaux en Wallonie, dans le cadre des réformes qui vont être menées pour la bonne gouvernance, s’il « compte tout mettre en œuvre pour mettre fin à l’activité de cette intercommunale et proposer pour les villes et communes concernées le même modèle de gestion que dans les 241 autres communes de Wallonie. » Le député libéral va même plus loin : « Je pense que la fin des activités de l’intercommunale peut s’envisager dès après les élections de 2018. » Et de plaider d’ailleurs pour une seule zone de secours sur l’ensemble de la province de Liège, en collaboration avec l’institution provinciale déjà active dans le domaine, notamment via la formation des cadets et la création d’un poste de dispatching provincial.


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