Décès de Laura (5 ans) et d'Annarita (7 ans): une cellule psychologique pour aider les pompiers intervenus lors du drame

Décès de Laura (5 ans) et d'Annarita (7 ans): une cellule psychologique pour aider les pompiers intervenus lors du drame

Après les décès de Laura (5 ans) et Annarita (7 ans), les pompiers de Lessines ont reçu l’aide de l’Appui Psychologique Provincial aux Intervenants du Hainaut (APPIH). Même s’ils sont formés et entraînés, les services de secours ont toujours du mal à «encaisser» la mort d’un enfant sur la route, comme ce fut le cas lors de cette tragique matinée de vendredi le long du boulevard Branquart.

Pompier volontaire à Lessines, Dominique n’est pas près d’oublier la matinée du vendredi 7 octobre. Il était dans la première ambulance qui est arrivée sur les lieux. «Sur le moment même, on est dans l’action», confie-t-il. «On pose les gestes qu’il faut, mais après, cela remue évidemment. On y pense, même si hélas, cela fait partie de la vie». Même s’il a été confronté à un drame similaire 17 ans plus tôt à Silly, il ne parvient pas à s’habituer au décès d’un enfant sur la route. Deux petites filles en l’occurrence, deux soeurs parties trop tôt.

Après avoir entendu à la radio que l’accident impliquait des enfants, le directeur opérationnel de la zone de secours de Wallonie picarde a pris l’initiative d’appeler directement l’Appui Psychologique Provincial aux Intervenants du Hainaut (APPIH). Il s’agit d’une cellule d’aide pour les pompiers, les policiers et le personnel des services d’urgence des hôpitaux, composée deux psychologues, un assistant social et un administratif. Elle était présente à la caserne de Lessines alors que l’opération n’était pas encore tout à fait terminée. «Cela nous a fait du bien», assure Dominique. «Et nous savons que nous pouvons les appeler, à tout moment, si on en ressent le besoin, même 15 jours ou trois semaines plus tard».

L’APPIH fait un travail «extraordinaire», selon le qualificatif utilisé par le capitaine Daniel D’Herde, responsable de la zone de secours:«ce sont avant tout des professionnels. Ils ne sont pas là pour faire du show ou être dans le pathos. Ils parviennent à aider les gens par un mot, une phrase, un geste sans que ceux-ci ne s’en rendent compte. Dans la hiérarchie, notre rôle est aussi de rechercher tous les signes qui peuvent faire penser à un stress particulier chez l’un ou l’autre. Qui peut dire ‘je ne serai jamais mal dans ma tête’ après un drame comme celui de Lessines?».

L’appel à l’APPIH est pratiquement rentré dans les habitudes des services de secours et de police. «Aux débuts de la cellule, nous étions à 30 interventions sur l’année», précise Frédéric Daubechies, directeur de l’APPIH. «Aujourd’hui, nous en avons environ 450 par an. ‘Mais qu’est-ce qu’ils font là?’ était la question que les services de secours se posaient au début à notre égard. Aujourd’hui, c’est plutôt ‘oui, pourquoi pas?’».

La présence de la cellule psychologique s’imposait après le drame de Lessines, mais attention, prévient Frédéric Daubechies,«la lourdeur émotionnelle n’est pas systématiquement liée à la gravité objective des faits» : «sur le plan opérationnel, une intervention peut être légère, mais avoir des conséquences beaucoup plus lourdes sur le plan émotionnel, comme le repêchage d’un corps dans un étang par exemple. Il peut y avoir du stress cumulatif : un événement d’apparence anodine peut être celui de trop».

Dans le cas du drame de Lessines, l’APPIH a fait ce que son directeur appelle du «désamorçage» : «Les hommes étaient toujours dans le pilotage automatique de leur intervention. Nous étions disponibles mais sans être intrusifs. Nous étions un point d’ancrage pour celui qui en ressentait le besoin. C’est souvent le lendemain ou le surlendemain que le besoin d’exprimer son vécu peut se faire plus important. Notre travail ne porte pas uniquement sur le groupe: chacun ressent les événements différemment. L’histoire collective complète l’histoire personnelle mais ne la remplace pas». La phrase du capitaine Daniel D’Herde résume tout : «Les pompiers restent des hommes avant tout, et fort heureusement».

Related

NOUVELLES 6767513582304433863

Enregistrer un commentaire

A LIRE

Recent

Comments

item